Le 23 janvier 1684 à Guêprei, Guillaume Bertin est semble-t-il sur son lit de mort. On lui administre les sacrements. Mais quoique malade il est sain d’esprit, et il déclare que plus de trente ans auparavant il a été marié à Marie Daunou. Une union qui était donc restée secrète, ou tout au moins ignorée par le curé de Guêprei, peut-être parce que l'acte de mariage ne figurait pas dans ses registres. Ce qui est concevable car Guillaume Bertin a indiqué que ce mariage avait été célébré par le défunt curé Thomas Morin de la paroisse voisine la Poterie[1]. Quoiqu'il en soit, aujourd'hui il n'est pas possible de vérifier ni pour la Poterie, où les premiers actes de mariages dans les registres détenus par les Archives départementales datent de 1671, ni pour Guêprei où ils débutent en 1679.
La présence de plusieurs personnes est évoquée dans l'acte. Il est difficile de dire s'il s'agit de témoins du mariage intervenu trois décennies plus tôt, ou seulement de témoins de l'administration des sacrements au mourant.
La déclaration de Guillaume Bertin est faite pour décharger sa conscience. Mais également pour servir à ladite Marie Daunou ‘que de raison’. Probablement s’agit-il de l’héritage. Le contrat passé une semaine plus tard entre Guillaume Bertin, qui était donc toujours vivant, et Joachim Ventillard, nous en apprendrait sans doute un peu plus. Ce contrat passé devant Pernelle et Le Cornu, tabellions de Trun, fut lu le dimanche 30 janvier, certainement à l’issue de la grande messe comme le voulait la coutume.
Transcription des actes
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[1] La Poterie-des-Vignats

