Nicolas Thomas n’a laissé
aucune trace dans l’histoire hormis quelques bribes dans les registres officiels. Toutefois il est possible d'imaginer un peu plus le concernant en explorant d'autres sources documentaires comme on va le voir par la suite. Mais d'abord pourquoi s’intéresser à lui
plutôt qu’à un autre ? La raison est simple, il s’agit de
mon arrière-arrière-grand-père.
Nicolas a vécu dans les Coëvrons, un ensemble collinaire situé dans le nord-ouest du département de la
Mayenne. Ses parents sont Louis Thomas et Julienne Rommé. Il est né le 5
décembre 1762 à Saint-Thomas-de-Courceriers, il fut baptisé le même jour avec
pour parrain Ambroise Lévêque et pour marraine Anne Launay,
aucun des deux ne semble avoir de parenté avec lui.
Durant toute sa
jeunesse il n’est nulle part question de lui. C’est
seulement en avril 1793 qu’il réapparait dans le registre de la commune de Sainte-Gemmes-le-Robert en
tant que témoin du mariage de sa sœur. Il est alors domestique, au lieu de la
Vaudelle à Bais, ainsi que l’un de ses frères. Les deux travaillent
probablement pour le compte des châtelains de l’endroit, les Robillard.
Qu’a
bien pu faire Nicolas lors de ses trente premières années ? Il n’a
sûrement pas fréquenté l’école puisqu’il ne savait pas signer. Il n’a
probablement pas non plus effectué de service militaire,
sauf s’il a eu la malchance d’être tiré au sort pour la milice provinciale.
Ce qui est pratiquement certain, c’est qu’il a commencé à travailler très tôt,
autour de huit ou neuf ans. C’était le sort de la majeure partie des enfants de
sa condition. A la campagne, il n’avait guère d’autre choix que d’être placé
comme domestique agricole, c’est d’ailleurs dans cet état que nous l’avons
retrouvé. Même si d’autres emplois auraient été possibles. Chez un tisserand
par exemple, Bais en comptait à cette époque près d’une vingtaine. Les nombreux moutons, élevés sur les landes qui recouvraient
alors plus de la moitié du territoire de la commune, leur fournissaient la matière
première, de même le chanvre que certains cultivaient. Il aurait pu également travailler chez l’un des
fabricants de clous installés à Bais.
Quoi
qu’il en soit, à Bais, à Trans ou dans une autre paroisse du voisinage, rien n’a dû être facile pour Nicolas, car toute la période allant
de son enfance jusqu’à son mariage s’inscrit dans un contexte difficile. Au
moment de sa naissance, fin 1762, la France sortait très affaiblie
économiquement de la guerre des sept ans, et le pouvoir royal n’avait pas tardé
à procéder à de nouvelles levées d'impôts ; des mesures très mal perçues
par la population. Vers 1770, la disette se mit à sévir, certaines années
furent marquées par de grandes famines. Dans les premières années 1780, la
pneumonie infectieuse ravagea l’ouest du pays. Au milieu de la décennie, un
épisode caniculaire, bientôt suivi par deux années de sécheresse, compromirent
gravement les récoltes. Les mauvaises conditions climatiques s’enchainèrent
avec l’hiver 1788-1789 très précoce. Dès la mi-novembre il gela fortement, au
point que, lors de la messe, le curé de Saint-Martin-de-Connée vit l’eau
transformée en glace dans la burette. Et le froid perdura, il nota « la gelée continua à un point que le termometre n’a pas été
plus bas de memoire d'homme ».
Dans tout le royaume des gens mourraient de froid et de faim. Les impôts et
taxes de toutes sortes n’en continuaient pas moins de pleuvoir dru. La révolte
commença à gronder dans les campagnes. Après le verglas du début de l’année
1789, la France n’en fut pas quitte avec les dérapages ; un matin du mois
de juillet, à Louis XVI qui s’interrogeait sur la teneur de l’agitation qui
secouait son royaume, le comte de Liancourt, grand maître de sa garde-robe,
aurait fini par déclarer : Sire, c’est une révolution !


Le Château de Montesson,
éd. CIM
Face aux difficultés de toutes sortes Nicolas avait,
malgré tout, vaqué à ses occupations de domestique. S’il connut des moments
moins fastidieux que d’autres, c’était quand il pouvait se rendre jusqu’au
bourg de Bais pour le marché qui se tenait alors chaque samedi sous les halles.
Et, même, peut-être fréquenta-t-il quelques-unes des foires annuelles,
dont les deux plus importantes, la Saint-Georges et la Saint-Michel, avaient
lieu le 23 avril et le 29 septembre. Des manifestations où s’échangeaient
grains, fil, lin, chanvre, bestiaux et autres denrées. En tant que domestique,
Nicolas a probablement limité sa participation à l’acheminement de quelconque marchandise. Une tâche loin d’être une
sinécure, le transport se faisant à dos d'hommes, plus rarement à l’aide d’animaux,
en général des bovins, sur des chemins de terres
bien souvent impraticables, même durant l’été ; ainsi pour éviter les
mares que formaient les pluies fréquentes retenues par l’argile du sol, le
piéton empruntait dans les champs voisins, une veyette,
qu’interceptait à chaque rencontre de haie, une barrière de bois tournant sur
pivot ou un étroit échalier, composé parfois de grosses pierres.
En 1794, Nicolas se marie
Selon son acte de mariage, Nicolas, alors âgé de
trente-deux ans, est cultivateur et réside à Bais, probablement toujours à la
Vaudelle. Mais c’est à Trans, commune voisine, qu’il a convolé au mois de
février. Depuis septembre 1792, la constatation de l’Etat civil, jusque-là
assurée par les prêtres, était devenue du ressort d’un officier public.
A Trans, la fonction était exercée par Julien Launay qui a rédigé l’acte (voir
la transcription en fin de texte) en appliquant les récentes instructions
républicaines. Il a commencé par inscrire la date, conforme au nouveau
calendrier : « seisiéme jour de
pluviôse l’an second ».
Le reste du vocabulaire et les tournures utilisées sont à l’avenant. Toutefois,
gardons-nous de penser que cette façon de rédiger faisait Launay un citoyen républicain intransigeant.
Vingt ans après, instituteur, il exigera que ses élèves
apprennent leur catéchisme et il leur enjoindra d’assister à la messe tous les
matins. Entre temps le concordat avait certes établi un compromis avec la
religion,
mais à propos de l’attitude générale après la révolution, le directeur de
l’école communale de Bais notera un siècle plus tard : « Ce fut sans murmurer que les
habitants de Bais se soumirent aux divers changements de gouvernement que la
France éprouva au commencement de ce siècle. Ils assistèrent (indifférents)
pourrait-on le croire à tous ces bouleversements acclamant tour à tour la
République, l’Empereur, le Roi. Après chaque déchéance ils organisaient des
fêtes pour acclamer leur nouveau maître, cela s’explique par l’espérance d’une
vie meilleure que chaque nouveau gouvernement leur promettait et aussi,
peut-être par entrainement. » .
Bref, en 1794 à Trans, Julien Launay, le maire, se
conformait aux directives du moment. Mais s’il connaissait les nouveaux
usages administratifs, l’édile paraissait ignorer que les parents de Nicolas
étaient décédés.
L’élue de Nicolas s’appelait Marie, elle était âgée
vingt-trois ans, c’était la fille de Nicolas Beucher et de Marie Leduc,
cultivateurs à Trans. Lors de l’enregistrement à la mairie, nos deux mariés de
l’an II étaient accompagnés par quatre témoins, René Thomas âgé de cinquante ans, René Thomas vingt-deux ans, Julien Huet et Louis Thomas. Tous étaient parents
excepté Julien Huet, et tous
étaient cultivateurs à
Bais ou à Connée.
Nicolas
et Marie ont eu au moins dix enfants. Le premier, prénommé Nicolas, serait né en
novembre 1793, donc quelques mois avant les noces, et la deuxième, Marie, en novembre 1794. Puis
sont venus Joséphine en 1798, Poline en 1801, Auguste en 1802, Pierre en 1804,
Anne et Joseph jumeaux en 1806 qui n’ont vécu que quelques jours, Joseph en
1809 et, la dernière, Élisabeth Perrine Françoise en 1813 que par la suite les
intimes nommeront plus simplement Lisa.
Pendant
la période révolutionnaire
Curieusement les naissances des deux premiers
enfants de Nicolas et Marie ont été enregistrées dans le registre communal de
Trans seulement en janvier 1798, soit quelques années après les évènements.
L’explication pourrait résulter de l’esprit conservateur régnant alors dans les
Coëvrons, l'inscription ne serait qu'une régularisation. Car si l’assemblée
législative avait confié l’enregistrement de l’état civil aux maires, souvent
les paysans ne déclaraient pas les naissances à la mairie parce qu'ils pensaient
que les notes de baptêmes tenues par les ecclésiastiques suffisaient pour
constater cet état.
Un tel comportement attaché aux traditions était forcément hostile aux
nouvelles règles imposées. Ainsi, le curé de Trans, Michel René Bruneau, qui
officiait depuis 1768 dans la paroisse, avait refusé de prêter serment à la
constitution civile du clergé promulguée en juillet 1790. Pour cette raison il
fut d’abord détenu à Laval, puis déporté à Jersey. Pendant son absence
la paroisse fut administrée par un prêtre assermenté, Jean Le Donné que les
habitants ne voulurent pas voir.
Bien que dans beaucoup de paroisses les habitants n’avaient, semble-t-il, pas
émis de vives protestations contre les déportations de curés, cela les débarrassait
de la dîme ; un impôt en moins c’était déjà ça de gagné devaient-ils se
dire. Néanmoins ils tenaient à leurs coutumes et à leur pasteur. Il n’en fallait pas davantage pour que
Nicolas, et comme lui la plupart des autres citoyens de fraîche date, boycotte
le nouveau curé et la mairie.
A
la même époque, l’activité contre-révolutionnaire des chouans n’était pas faite
non plus pour favoriser l’adhésion aux nouvelles règles. Le 10 septembre 1799,
ils auraient été deux cents à occuper le bourg de Trans. A peine une dizaine de
jours plus tard, ceux-là faisaient sûrement partie des mille à douze cents
chouans qui tentèrent d’assaillir le bourg de Bais, y brûlant une dizaine de
maisons. Nicolas, n’a sans doute pas été mêlé directement aux événements. Comme
d’ailleurs un grand nombre des habitants qui les subissaient, pris qu’ils
étaient entre deux feux, les exactions des chouans et les ripostes des
républicains. Mais il a bien dû être témoin du passage d’une partie de la bande
sur un chemin près de chez lui à la Chauvinière.
La
Chauvinière
Pour
venir résider à la Chauvinière, Nicolas n’avait pas fait, comme Ulysse, un long
voyage, bien que ce hameau soit sur la commune de Trans seulement quelques hectomètres le séparaient de la Vaudelle. Une fois installé,
il n’en bougea plus. Tous ses enfants y sont nés, et nous savons qu’il y
habitait en 1820.
Le fait de rester toujours dans le même village incite à penser que Nicolas y
avait un intérêt, sûrement un lopin de terre qu’il exploitait et qui suffisait
à faire vivre sa famille tant bien que mal. Au départ il ne devait s’agir que
d’un bordage, c’est-à-dire quelques hectares qu’il louait.
Une terre qui appartenait peut-être aux Huet, une famille aisée de Bais, car le
parrain d’Auguste en 1802, est Julien Huet. Celui-là même qui était témoin lors
du mariage, sans être parent. A défaut d’être l’employeur direct, il pourrait
donc être le propriétaire du bout de terrain exploité par Nicolas. Il y a une
proximité certaine avec ces Huet, bien qu’ils n’appartiennent pas tout à fait à
la même classe sociale, car une Marie Huet est marraine de Joséphine en 1798 et
une Anne Huet marraine de Poline en 1801. En général les parrainages étaient
assurés par les membres de la famille. Avant la révolution, il arrivait que les
gens de condition modeste recourent de temps en temps au châtelain, à un prêtre
de la paroisse ou à un notable. Que cette pratique ait perduré à Trans n’aurait
rien d’étonnant, compte tenu du fort attachement des habitants aux traditions.
Pour compléter ses revenus, Nicolas et sa famille
pouvaient s’en remettre aux fermiers plus aisés des alentours qui devaient bien
de temps en temps avoir besoin d’un complément de main d’œuvre. Ou bien en
saisissant une opportunité, comme vers 1825 pour la reconstruction de l’église
de Trans ; la Chauvinière étant à deux pas du bourg, l’occasion était
belle pour Nicolas et ses fils de proposer leur bras.
C’est encore à la Chauvinière qu’est décédée Marie,
son épouse, le 25 décembre 1831. Puis Nicolas y a été recensé en 1836 avec cinq
de ses enfants :
Auguste, Pierre, Joseph,
Poline et
Lisa.
Enfin, toujours au même endroit, Nicolas est mort le 28 août 1838.
Son acte de décès nous dit « … à six
heures du matin Nicolas Thomas âgé de soixante dix neuf ans né à Saint Thomas
mary de deffunte Marie Beucher fils de deffunts Jean Thomas et de Marie Leduc
est décédé le 28 août à six heures du matin en sa maison située au village de
la Chauvinière ». Il s’agit d’une erreur manifeste concernant ses
parents. Un détail que n’ont, semble-t-il, pas relevé Nicolas Thomas, son fils,
cultivateur, quarante-deux ans, domicilié à Bais et René Perelle, tisserand,
soixante ans, non parent. Mais comme ces deux témoins ont déclaré ne savoir
signer, il y a fort à parier que n’ayant pu lire l’acte ils n’ont même pas eu
connaissance de son contenu.
Au fil du temps, Nicolas n’avait apparemment pas
réussi à acheter son lopin, au moment de son décès seules ses valeurs et
mobilier sont estimées à 422 francs. Après
1838, quelques-uns de ses enfants seront toujours présents à la Chauvinière et ils
seront propriétaires.
* * * * * *
La géographie des lieux
Carte de
Cassini, 1786, Géoportail
Le bourg de Bais (au centre) distant d’environ 5 km de celui de Trans (au nord-ouest), dans le voisinage
duquel se trouvent les villages de la Chauvinière et de la Vaudelle.
Au moment de la révolution, deux voies relient
Bais, celle du Mans à Mayenne, et celle qui part du bourg vers le sud pour
rejoindre Evron via Sainte-Gemmes-le-Robert : « Des méchantes voies creuses, mal entretenues, coupées de fondrières,
encombrées de boue qui serpentaient d’un bourg à l’autre ». La première fut sans doute améliorée, car le
curé de Saint-Martin-de-Connée note fin 1788 qu’une grande route reliant
bais à Sillé-le Guillaume était en projet.
Entre Bais et Courcité (via
Trans) une route, classée parmi les chemins vicinaux de grande communication, ne sera construite qu'en 1857/1858.
* * * * * *
Acte de mariage de
Nicolas Thomas et Marie Beucher, 4 février 1794 à Trans
aujourdhuy seisiéme jour
de pluviôse l’an second de la République
française une et indivisible à onze heure du
matin par devant moi Julien Launay, officier
public de
la Commune de Trans département de la Mayenne
élu pour rédiger les actes destinés à constater la
Naissa
nce les mariages et le décès des citoyens, sont
comparus
dans la maison commune pour contracter mariage
d’une
part Nicolas Thomas agé de trente deux ans,
cultivateur
domicilié dans la commune de Bais Département de
la Mayenne fils de Louis
Thomas et de Julienne Rome son épouse tous les
deux domiciliés dans la …
commune de St-Thomas d’autre part, et Marie
beucher agée de vingt trois
ans, fille de nicolas beucher cultivateur dans la
municipalité de Trans
Département de la Mayenne, et de Marie Le Duc son
épouse, Desquels futurs
conjoints étaient accompagnés de René thomas de
Cinquante, cultivateur
et de René thomas agé de vingt deux ans, et julien
huet, cultivateur
agé de trente cinq ans, et louis thomas agé de
quarante ans, cultivateur
tous les susdits témoins sont tous parens \des
dittes parties/excepté Julien Huët tous les
susdits temoins sont domicilies de Bais oude
Connée Départment de la Mayenne
Moy Julien Launay après avoir fait lecture en
présence des dittes parties
premièrement, de l’acte de naissance de Nicolas
Thomas, en datte du Cinq
décembre mil sept cent soixante deux qui constate
quil est né dans la
municipalité de St-Thomas département de la
Mayenne du mariage
légitime entre Louis Thomas et Julienne Romé cy
dessus dénommés,
2e de lacte de naissance de Marie
Beucher en datte du quatre avril mil sept
cent soixante et onze portant que Marie Beucher
est née dans la municipalité
de Trans département de la Mayenne, du mariage
légitime entre
Nicolas Beucher et Marie Leduc, 3e du
consentement écrit de leurs plus proches parens
4eme delacte de publication de mariage
Entre les futurs conjoints dressé par
Moy julien launay et affiché le cinq pluviose la
principalle porte de la
maison commune de Trans, après aussi que Nicolas Beucher
Thomas et Marie
Beucher, ont au[ssi] déclaré ahaute et
inte[llig]ible voix, Se prendre mutuellement
pour époux et pronesné au nom de la loy que
Nicolas Thomas et Marie
Beucher sont unis en mariage, et j’ay Redigé le
présens, acte que les parties
et les temoins ont signé excepté avec moy
excepté René thomas et louis …
thomas fait et aresté ala maison commune de trans
ledit jour et anque dessus ..
interligne des dittes parties, rayé deux mots
nuls, [signé] julien huet
René thomas J. launay
Le Paige en évoque quatre :
26 avril, 11 juin, 20 juillet et 29 septembre. Dictionnaire topographique,
historique, généalogique et bibliographique de la province et du diocèse du
Maine, André René Le Paige, le Mans, 1777.
A la fin du XVIIIe siècle, partout en France dans les zones rurales, il existait assez peu de voies de communication, et pour
la plupart fort mal entretenues.
Dès le XIVe siècle, des registres paroissiaux furent tenus par des
prêtres dans quelques paroisses. En 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterets
établit pour tout le royaume des registres de baptêmes devant être visés par un
notaire pour plus de garantie. Puis au cours des siècles suivants, les rois de
France rendirent d’autres ordonnances pour étendre les enregistrements aux
mariages et sépultures administrés et célébrés par les prêtres. Cette
innovation dans le clergé séculier mit plus ou moins du temps à se répandre
selon les endroits. Toute cette législation royale fut abolie par le décret du 20 sept. 1792, qui réglemente
l'état civil. Une conséquence directe de la Constitution du 3
sept. 1791 qui affirme : « Le pouvoir législatif établira pour tous les
habitants, sans distinction, le mode par lequel les naissances, les mariages et
les décès seront constatés ; et il désignera les officiers publics qui en
recevront et conserveront les actes » (Titre II, art. 7).
Le calendrier
républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est créé le 6 octobre 1793
(15 vendémiaire an II) par la Convention, et la date de début correspond au
jour de la proclamation de la 1ère République, le 22 septembre 1792,
jour de l'équinoxe d'automne. Ce calendrier est aboli par décret impérial du 9
septembre 1805 (22 fructidor an XIII), le calendrier grégorien reprend le 1er
janvier 1806 ; le calendrier républicain aura donc duré 13 ans. Il fut
brièvement remis en vigueur pendant la Commune... du 6 au 23 mai 1871.
L'identification des citoyens. Naissance de l'état civil républicain,
Gérard Noiriel, in : Genèses, 13, 1993.