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vendredi 21 novembre 2025

Un gendarme corse dans l'Orne

Découvrir des photos anciennes d’inconnus prises dans l’Orne, que ce soit dans une brocante ou ailleurs, aiguise toujours notre curiosité. Qui cela peut-il bien être et quelle est l’histoire de ces personnes ? Il y a là comme une sorte d’énigme à résoudre, telle celle que nous a posé deux photos au format cabinet[1] datant des années 1890, sur lesquelles nous reconnaissions l'uniforme d'un brigadier[2] de gendarmerie. Par bonheur, au verso il y avait un patronyme, Charles Pinelli, noté manuscritement peut-être par un membre de la famille, ainsi que le nom et l’adresse du photographe. C’est en tirant sur ces bouts de fil, avec l’aide des ressources en lignes des sites d’Archives départementales, que nous sommes parvenus à obtenir une partie de la pelote. C’est-à-dire retracer les grandes lignes du parcours de ce gendarme à la fin du XIXe siècle.

Commençons par son identité. Issu d’une famille de laboureurs, Charles Pinelli était corse. Il est né le 31 août 1847 au lieu-dit Guiticciu à Pastricciola[3], une petite commune composée d’une constellation de hameaux adossés à la partie méridionale du massif du Monte Rotondo.

L’émigration des corses est un phénomène multiséculaire[4]. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, un bon nombre se sont orientés vers des carrières militaires ou dans l’administration. C’est sans doute ce qui a amené notre homme dans le département de l’Orne. Selon sa fiche de matricule[5], il a d’abord effectué son service militaire au 28e régiment de Ligne caserné à Nantes où il a été incorporé en octobre 1868, et avec lequel il a participé à la guerre de 1870[6].

A l’issue de son service, la vie en uniforme lui convenant, Charles Pinelli choisit d’intégrer la gendarmerie. Il est alors nommé gendarme à pied à la Compagnie de l'Orne. La date précise ne figure pas sur la fiche, mais ce n’est pas avant la fin de 1872. Car l’âge minimum requis était de vingt-cinq ans, de même que les postulants devaient avoir une expérience militaire d’au moins cinq années.

Avant leur première affectation en brigade, les gendarmes recevaient une formation de quelques mois au chef-lieu de Compagnie[7]. C’est donc à Alençon que Charles Pinelli a débuté sa carrière, ensuite c’est probablement l’aléa des affectations qui l’a fait nommer à la brigade de Couterne[8]

Le 2 mars 1878 il épouse Mathilde Dumur[9]. Là c’est peut-être moins un hasard, elle est la fille d’un gendarme à pied décédé en 1871 à Alençon. Qu’une fille de gendarme épouse un gendarme était donc dans l’ordre des choses, on restait dans le même monde. Comme d’ailleurs pour le mariage à la mairie, les quatre témoins étaient les collègues de Pinelli ; le brigadier et trois gendarmes, avec le marié la brigade de Couterne était donc là au complet ! Cependant la famille Dumur avait, semble-t-il, aussi un faible pour les hommes de l’Ile de Beauté, car la sœur de Mathilde en épousa également un, à la différence que celui-ci était employé au chemin de fer à Briouze[10].

Gendarme était une profession qui astreignait à de la mobilité pour diverses raisons. Cela permettait entre autres d’accélérer la promotion, mais par ailleurs la nature particulière du métier justifiait que l’on éloigne le gendarme de ses intérêts familiaux. Si les hommes pouvaient formuler des vœux, dont leurs officiers devaient tenir compte, depuis 1861 il était ordonné qu’ils ne soient jamais placés dans l’arrondissement habité par leur famille[11]. Et, il se trouve que la mère de Mathilde, devenue débitante de tabacs[12], s’était remariée en 1873 avec un cultivateur de Couterne. Charles Pinelli devait donc changer d’affectation. Les points de chute ne manquaient pas, la Compagnie de l’Orne comptait une bonne trentaine de brigades à la fin du XIXe siècle[13]. C’est ainsi qu’on le retrouve en 1886 à la Forêt-Auvray[14]  avec le grade de brigadier et, pour finir, à Mortagne-au-Perche.

A la fin de sa carrière Charles Pinelli a été décoré de la Médaille militaire. Les gendarmes pouvaient être proposés après vingt-cinq années de services[15] pour la recevoir. Bien que quelques-uns l’obtenaient un peu avant, en récompense d’un acte remarquable pendant le service par exemple. Enfin, le 1er juillet 1893, après vingt-cinq ans, un mois et neuf jours de services effectifs il est admis à la retraite, sa pension est fixée à 904 francs par an[16].


Charles Pinelli, Mathilde Dumur, et leur fille Charlotte,
ca 1889
Cliché Gustave Blaire, Mortagne[17]

Notre homme est resté à Mortagne-au-Perche. Il n’était plus gendarme, mais comme il n’avait que quarante-six ans, il a pu obtenir un poste à l’octroi au titre des emplois réservés aux anciens militaires. On appelait, sur le papier, les employés municipaux de l’octroi, les octroyens, mais, dans la vie de tous les jours, ils étaient les gabelous, reconnaissables à leur uniforme. Pinelli, avait donc juste changé de tunique. Selon le recensement de 1896, il demeurait rue de Bellême[18]. Au début du XXe siècle, il existait un bureau d’octroi dans cette rue, il est fort possible qu’il s’agissait là, à la fois de son lieu de travail et de son domicile.

Charles Pinelli est décédé à Mortagne le 12 septembre 1923, Mathilde, son épouse, douze ans plus tard, le 20 août 1935. Leur fille unique, Charlotte, née en mars 1879 à Haleine[19], fut employée de commerce. Elle s’était mariée très tôt, en janvier 1896 à Mortagne[20] avec Léopold Lemarié, un garçon épicier, dont elle divorça en 1902. Elle n’avait pas quarante ans quand elle est décédée en juillet 1916 à Paris, sans s’être remariée et sans avoir eu d’enfant.


Charles Pinelli arbore sa médaille militaire,
ca 1893
Cliché Gustave Blaire, Mortagne

 L’octroi

L’octroi était un impôt local indirect, que les communes étaient autorisées à percevoir sur des objets ou marchandises destinés à la consommation. Il pouvait varier selon les localités et servait à alimenter les caisses municipales. Il a eu cours tout au long du XIXe siècle et jusqu’à la Seconde guerre mondiale. Les taxes d’octroi étaient encaissées à l’entrée des villes. Les bureaux d’octroi, bâtiments municipaux, étaient le lieu officiel de la perception de l’impôt. Ils cernaient la ville, marquaient des limites à chaque route d’accès, créaient des « portes » d’entrée à franchir [21] 

Le bureau d’Octroi de la rue de Bellême (au premier plan à droite)


[1] Un format cabinet (ou carte cabinet) désigne une épreuve photographique de 10 × 15 cm en moyenne, présentée contrecollée sur carton fort d’un format un peu plus grand.
[2] Le brigadier porte un galon cousu en biais en bas de ses manches. Le simple gendarme n’a pas de galon.
[3] Charles François Pinelli, fils de Dominique Pinelli et Dorothée Pinelli.
A.D. Corse-du-Sud, Etat-civil de Pastricciola de 1846 à 1852.
[4] Identità, Les Corses et les migrations XVIIe-XXIe siècles, éd. Musée de Bastia, 2018.
[5] A.D. Corse-du-Sud, registre matricule 1867.
[6] Une année de campagne lui a été ajoutée pour le calcul de sa pension de retraite.
[7] Le métier de gendarme au XIXe siècle, Arnaud-Dominique Houte, Presses universitaires de Rennes, 2010.  
[8] Couterne est une ancienne commune de l’Orne devenue le 1er janvier 2016 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Rives d'Andaine.
[9] A.D. Orne, Couterne, 3E2_135_23.
[10] Marie Euphémie Dumur épouse Noel Boccaccio, le 24 avril 1886 à Briouze.
[11] Circulaire du ministre de la Guerre aux chefs de légion, 13 décembre 1861.
[12] La nomination des débitants de tabac était réglementée, soumise à l’avis d’une commission (décret du 28 novembre 1873). La mère de Mathilde l’avait obtenue en tant que veuve d’un ancien gendarme.
[13] Une liste des brigades est proposée dans le répertoire Unités de la Compagnie de gendarmerie départementale de l’Orne (1862-1946), Karine Perrissin-Faber, Service historique de la Gendarmerie nationale, 2002.
[14] La Forêt-Auvray est une ancienne commune de l'Orne, devenue le 1er janvier 2016 une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Putanges-le-Lac.
[15] Journal de la Gendarmerie de France, 1er avril 1893, p. 131.
[16] Bulletin des Lois n° 2787, p. 2700-2701.
[17] Gustave Blaire (1858-1937) a été photographe à Mortagne pendant près de quarante ans. Il était installé 40, Place d’Armes (aujourd’hui Place de la République). Images révélées, 150 ans de photographies aux Archives de l’Orne, éditions de l’Étrave/Conseil général de l’Orne, 2007.
[18] A.D. Orne, Mortagne-au-Perche, Recensement de 1896, Liste nominative.
[19] A.D. Orne, Haleine, 3E2_200_9.
La gendarmerie de Couterne était située à la Reinière, lieu-dit de la commune d’Haleine qui jouxte le bourg de Couterne. Ceci explique l’adresse du domicile de Pinelli sur son acte de mariage, ainsi que le lieu de naissance de sa fille.
[20] A.D. Orne, Mortagne-au-Perche, 3E2_293_88.
[21] Guide pratique de l’employé d’octroi. Librairie administrative P. Oudin, Poitiers, 1914.

dimanche 9 novembre 2025

Le 22 juillet 1574, Symonne et Pierre, de Saint-Denis-sur-Sarthon, envisagent de se marier

 

Parmi les actes notariés conservés aux Archives départementales, les contrats de mariage constituent une source précieuse pour les généalogistes. Ils mentionnent souvent les parents vivants ou décédés, les biens transmis, la profession, la résidence et les témoins. Il est ainsi possible de retracer la structure sociale et le niveau de vie d'une famille. Un autre intérêt de ces contrats est qu’ils couvrent une période allant au-delà de celle des registres paroissiaux, avec une antériorité de quelques dizaines d’années, et même assez souvent de plus d’un siècle[1].

Prenons l’exemple de celui établi le 22 juillet 1574 en vue du mariage d’un couple originaire de Saint-Denis-sur-Sarthon dans le département de l’Orne. Il permet de remonter d’un peu plus d’un quart de siècle avant le plus ancien registre paroissial de la commune détenu par les Archives départementales, qui date seulement de 1605. 

Ce contrat de mariage a été rédigé dans l’escriptoire des tabellions d’Alençon. L'écritoire est la pièce où l’on écrit. Il s’agit ici, en quelque sorte, de l’étude du notaire.

Les contractants sont Pierre Mesnaiger et Symonne Siette. Lui est le fils de Collin et elle la fille de Servais. Le père de la future est présent, c'est écrit dans le contrat. Quant au père du futur, si sa présence n'est pas certaine, il est très probablement vivant ; dans le cas contraire il aurait été noté comme étant défunt. En fin de contrat, la liste des autres personnes présentes fait apparaître, outre trois témoins nommés, un frère de Symonne. Il se prénomme Pierre, et il est le fils ainé de Servais.

Le contenu du contrat

Servais Siette promet la somme de 50 Livres tournois qu’il versera le jour du mariage. La livre tournois est l'unité de compte qui prévaut sous l'Ancien Régime. Son cours est fixé par le Roi. C’est une monnaie abstraite, elle sert à homogénéiser les opérations financières[2]. Elle est donc distincte de la monnaie avec laquelle ces opérations sont matériellement effectuées, c’est-à-dire les pièces métalliques frappées tels les louis, les écus, les liards, ...

Avec la somme d’argent, Servais donnera une vache, une génisse et une douzaine de moutons (bergeail), ainsi que deux robes et un chaperon. Il fournira aussi de la vaisselle : un pot, une pinte, une chopine, un plat, quatre écuelles, deux assiettes et deux sauciers. Il est précisé que tous ces ustensiles seront en étain bon et suffisant. Au XVIe siècle, dans les milieux modestes, on utilisait encore beaucoup de la vaisselle de terre cuite ou de bois. Cette pratique de vaisselle en étain révèle alors un niveau de richesse légèrement supérieur. Une poêle à queue ainsi qu’un poêlon en étain complètent la liste. Il y aura également deux coffres, un petit et un grand, les coffres constituant l’essentiel du mobilier de rangement à l’époque dans les foyers ordinaires.

De plus Servais s’engage a trousseler sa fille comme fille de bonne maison. C’est-à-dire qu’elle recevra un trousseau conforme.

En outre, le contrat prévoit qu’en attendant la succession des parents de la future, les époux pourront jouir d’heritages leur appartenant. Le terme héritage désigne les biens immobiliers que sont les terres[3]. En effet, il s’agit là de trois pièces de terres dont les délimitations sont précisées par des biens jouxtant, appartenant à d’autres propriétaires. La surface des pièces en question est exprimée en journee, ou journal. Cette ancienne mesure d’arpentage et de labeur paysan est variable selon les régions et selon les périodes. Elle correspond sans doute ici à environ un quart d’hectare. Dans la dernière pièce de terre, nommée l’Aubespine, Servais se réserve néanmoins le droit d’y retirer deux chênes. Par la suite, ces lopins de terre serviront probablement de pâturages. Peut-être aussi y cueillera-ton quelques fruits à demi-sauvages, ou bien, si l’on dispose de bêches, on y cultivera un peu de légumes et du sarrasin[4]. Au XVIe siècle, ces minuscules tenures, à peine suffisantes pour atteindre le minimum vital, étaient le lot de plus des trois quarts des paysans. Leurs contrats de mariage, et même encore ceux du siècle suivant, ne mentionnent quasiment jamais d’animaux de trait, chevaux ou bœufs, les travaux agricoles s’effectuant à la force des bras seulement.

Enfin, Pierre Mesnaiger, le futur époux, accepte tout ce qu’on lui propose, et promet d’épouser la fille de Servais le plus tost qu'il luy sera possible. Ce n’est pas une simple formule de conclusion, diverses obligations allongent les délais avant le mariage. Les bans doivent avoir étés préalablement publiés trois dimanches consécutifs aux prônes de la messe, même si une dispense partielle peut être obtenue auprès de l’evêque ou de l’un de ses grands vicaires. D’autres dispenses d’empêchement de mariage peuvent s’avérer nécessaires, notamment en cas de consanguinité, ou si l’un des époux est mineur. Le calendrier religieux présente également quelques contraintes, des périodes sont prohibées. Les catholiques ne peuvent pas se marier pendant le temps de l’Avent, le temps de Noël, ni pendant le Carême[5]. On évite aussi le dimanche, les jours de fêtes religieuses, et le vendredi n’est pas conseillé car il y a impossibilité de faire gras (manger de la viande). A cela peuvent s’ajouter des pratiques locales saisonnières, ainsi aux 16e et 17e siècles peu de mariages étaient célébrés en juillet-août en Normandie.

L’acte stipule que Servais Siette promet de verser l’ensemble de la dot de sa fille le jour des épousailles. C’est souvent l’échéance que l’on trouve dans les contrats. Mais dans la réalité les versements s’étalaient, parfois sur des années allant jusqu’à générer des procédures en justice. Dans le cas présent, à peine deux ans plus tard, le 3 mai 1576, une notation en marge atteste que les promesses du père de l’épouse ont été en grande partie tenues. 

 

[AD61 4E70/111] - Alençon - Archives notariales 01/05/1574 - 03/09/1574[6] 

Transcription du contrat

Avertissement : Par rapport au texte initial le nombre de mots par ligne a été respecté. Mais, pour offrir une meilleure lisibilité, les noms propres sont mis en majuscules, quelques accents et ponctuations ont été ajoutés, des développements d’abréviations et des précisions sont apportées entre crochets. Les mots en italique sont des mots dont la transcription est incertaine. 

 

Dudit xxiie juillet Vct LXXIIII [22 juillet 1574]

en l'escriptoire,

Au traicté de mage [mariage] esperé estre faict d'entre Pierre MESNAIGER,

filz de Coll[in] MESNAIGER de St Denys, d'une part, et de

Symonne SIETTE, fille de Servays SIETTE, d'aultre, ont esté

faict les promesses qui ensuivent, cest assav [à savoir] que led[it] SIETTE, pnt [présent]

a promys donner et payer ausd[its] futurs espoux, dedens

le jour des espouzailles, la somme de cinquante livres tournois

en argent. Item une vaiche, une genisse, une douzaine

de bergeail, le tout bon et suffisant. Item deux robes

de couleur, ung chaperon, ung pot, une pinte, une

chopine, ung plat, quatre escuelles, deux assiettes,

deux saulsiers, le tout d'estain bon et suffisant, une

poille à queue, ung poillon d'estain, ung grand coffre,

ung petit, et à trousseler lad[ite] fille comme

fille de bonne maison. Item leur a baillé en actendant

sa succession et celle de sa femme, mère de ladite fille,

pour en jouyr, les héritages cy après declarés, assavoir en seigneur et maitre

chargé des rentes seigneurialles seullement savoir est

ung pré nommé le pré à la Nagotte contenant une

journée ou environ, d'un ch Robine BAUDOUYN, item d'ung journal

de terre ou environ d'un costé les terres de la maison

Dieu, d'aultre ch Jehan de PRÉ, item un demy journal de terre

nommé l'Aubespine de costez et boutz les MESNAIGERS,

pourra led[it] MESNAIGER lever et oster à son proffict,

touttefois … de dessus led[it] her[itage] deux chesnes à choisir

rendus lesdits futurs mariez ausdites successions

de père et mère sans rien raporter fors

les héritages cy dessus pour l'heritaige et au meuble,

raportant lesdites cinquantes livres et

meubles cy dessus donnez ou se passer

à iceulx. Ce qui a esté accepté par led[it]

MESNAIGER, pnt [présent] et acceptant, et promys espouzer

Lad[ite] fille le plus tost qu'il luy sera possible.

Ce faict aussi en la pnce [présence] et du consentement de Pierre

SIETTE filz aisné dud[it] Servays SIETTE dont ils

demeurent encore obligés biens de part et d'aultre.

Pnts [Présents] Damyen MESNAIGER et Jullien LECONTE de St

Denys, et Pierre CHAPERON de Pacé, tesmoins.

[signatures] BARBIER, LECONTE

En marge :

Et le IIIe jour de may

l'an mil Vc LXXVI [3 mai 1576] en

l'escriptoire fut présent ledict

Piere MESNAIGER, lequel

a confessé avoir receu

dudict Servays SYETTE,

present, toutes et chascunes

les promesses mobilles [biens meubles]

qui luy avoit, et à ladicte

Symonne, esté promises

par ledict SYETTE par

le present contract, fors

et reservé la somme

de dix livres tournois,

une robbe et ung

chaperon, dont, etc,

obligeant, etc, biens, etc. Presentz

Damyen MESNAIGER,

Pierre CHAPERON

et René POUPART 

[signature] LECONTE 



[1] Jusqu'à la Révolution française, l'enregistrement des baptêmes, mariages et sépultures, effectué par les curés, constituait l'état civil officiel. La tenue des registres de baptêmes est obligatoire depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539. Puis l'ordonnance de Blois en 1579 a imposé l'enregistrement des mariages et décès. Cependant les collections  parvenues jusqu'à nous, conservées dans les services d’Archives départementales, débutent en général vers 1600 et sont assez souvent  incomplètent jusqu'à 1667, année ou une ordonnance, dite Code Louis a exigé la tenue des registres en double exemplaire avec dépôt du second au greffe civil.

[2] Autrement dit : Il s'agissait d'une monnaie de référence, utilisée pour pouvoir convertir des sommes dans une même unité, à une époque où une multitude de valeurs était en circulation.

[3] La signification de ce terme « héritage » a pu être un peu différente ailleurs, a fortiori elle a varié aussi selon les périodes.

[4] Le sarrasin, céréale pauvre, mais peu exigeante, et d'une croissance rapide, convenait aux terres froides, nombreuses dans l'Ouest de la France.

[5] Une dispense pour consanguinité autorisait un mariage entre cousins, normalement interdit par le droit canon de l’Église catholique. Si un mariage entre parents du 1er degré (frères, sœurs, oncles, tantes) était absolument interdit, l’autorisation du pape était possible pour des cousins germains (2e degré) et celle de l’évêque, en général, pour des cousins issus de germains (3e degré) ou au-delà.
Par ailleurs, quel que soit le type de dispense, elle pouvait être demandée dans les cas d’urgence (si la mariée attendait un enfant, si le temps prohibé arrivait, …). Mais dans tous les cas, y compris pour une dispense partielle de bans, elle n’était accordée que contre l’acquittement d’une taxe.

[6] Accessible via le site Geneanet : https://www.geneanet.org/registres/view/456409/23