Paul Trippier est né le 4 décembre 1884 au domicile de ses parents, 47 rue de Sèvres, Paris 6e, il est décédé le 28 mai 1963, Paris 18e.
Très tôt il pratique le sport cycliste, il commence par des courses sur piste, mais rapidement il se lance dans des courses sur routes. Son profil, 80 kg pour 1m70, le range plutôt parmi les sprinteurs. En tant qu’amateur il termine 4e de Paris-Roubaix et 4e de Paris-Beauvais en 1901. Ces succès l’amènent à se proposer comme entraineur (accompagnateur d’un autre coureur sur une partie du trajet) lors des courses de professionnels. Sans doute pense-t-il engranger de l’expérience pour une future carrière. Ainsi pour Bordeaux-Paris, en mai 1901, il offre gratuitement ses services aux différents favoris[1] : Fischer, Gougoltz, Frédérick, Aucouturier, et Foureaux. Toutefois il n’est pas certain que l’un ou l’autre de ces champions ait accepté la proposition d’un si jeune coureur.
En janvier 1903, il vient juste d’avoir dix-huit ans quand il choisit de devenir coureur professionnel[2]. Trois mois plus tard, en avril, il termine 8e de Paris-Roubaix, performance qu’il renouvelle en 1904.
Il participe au Tour de France à trois reprises sans en terminer aucun, abandon lors de la première étape en 1905[3] et 1906[4], abandon au cours de la quatrième étape en 1911[5]. Entre temps il a effectué son service militaire dans un régiment de zouaves en Algérie, d’octobre 1906 à septembre 1908[6].
En 1911, bien que ne courant plus pour une équipe professionnelle[7], il se classe néanmoins 12e de Paris-Brest-Paris[8].
Mobilisé dès la déclaration de la guerre en août 1914, il est blessé à la base du cou un mois plus tard par un shrapnel. Fait prisonnier, il est retenu en captivité jusqu’en juillet 1915. Il est ensuite rapatrié an tant qu’infirmier, et est affecté en Algérie où il reste jusqu’en mars 1919.
Il reprend le cyclisme après la guerre. En août 1920, il participe au Critérium des As (Bordeaux-Paris). En 1921 il est au départ de la 4e édition de Paris-Brest-Paris, course qu’il semble ne pas avoir terminé ; en tout cas il ne figure pas dans le classement final.
A la fin de sa carrière cycliste il a quelques démêlés avec la justice à propos de son sport. Il est condamné une première fois en 1922 à 200 francs d’amende pour délit de course, puis à nouveau en 1923, cette fois-ci à 1 000 francs d’amende pour infraction à la loi sur les courses (la sanction sera ramenée à 500 francs après appel).
[1] Journal « L’Auto-vélo », édition du 28 avril 1901.
[2] Journal « Le Radical », édition du 25 janvier 1903.
[3] équipe Cycles J.C.
[5] Les classements de Paul Trippier au Tour de France 1911 : 57ᵉ place à la 1ᵉ étape (Paris → Dunkerque, 351 km), 55ᵉ place à la 2ᵉ étape (Dunkerque → Longwy, 388 km), 51ᵉ place à la 3ᵉ étape (Longwy → Belfort, 330 km), abandon lors de la 4ᵉ étape (Belfort → Chamonix, 344 km).
[6] Les informations concernant son service militaire et ses condamnations proviennent de sa fiche de matricule (AD Paris, D4R1 1338, Trippier, Paul Edouard, 2237).
[7] Il est inscrit alors dans une classe mineure du peloton regroupant des coureurs tantôt appelés « indépendants », tantôt « isolés ». Cette classe est faite de coureurs qui doivent se débrouiller entièrement seuls, quelques soient les circonstances, une catégorie qui changera de nom par la suite pour s’appeler « touristes-routiers ».