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Tous ceux qui font des
recherches généalogiques savent que plus on remonte dans le temps, plus on
rencontre des variantes orthographiques sur les noms de familles. La raison est qu’avant le XIXe
siècle peu de gens étaient alphabétisés, et les rédacteurs des actes n’avaient souvent d’autres
solutions que d’écrire comme ils entendaient. Alors, pour peu que l'on change de
paroisse, ou que plusieurs scribes interviennent, les fantaisies orthographiques
se multiplient. On finit malgré tout par s’y retrouver, car la phonétique des noms reste la même, ou presque. Ainsi, il est possible de rencontrer dans la Mayenne et l'Orne, indifféremment pour une même personne : Derouet ou Drouet, Gadois ou Gadouas,
Belin ou Blin, Doitteau ou Douetteau ou Douepteau, etc. D’où peut-être l'aphorisme : les noms propres n’ont pas
d’orthographe. Toutefois les
transformations patronymiques ne sont pas toujours aussi évidentes, comme le
montre l’exemple du nom Sagehomme à Lignières-la-Doucelle (Mayenne).
Le 11 juin 1675, Nicolas Sagehomme épouse Marguerite Chevreuil. Nicolas est le fils de
Robert Sagehomme et de Jeanne Boismale. Ses grands-parents sont Nicolas
Sagehomme et Marguerite Coulbault. Entre 1676 et 1685, Nicolas Sagehomme et
Marguerite Chevreuil vont avoir au moins cinq enfants, Catherine, Julienne, Robert,
Nicolas et Julien. Tous portent le nom Sagehomme dans
leur acte de naissance.
Mais un quart de
siècle plus tard, le 8 février 1712, Nicolas, le quatrième enfant, épouse Marie Broussin. Sur l’acte nous lisons qu’il est assisté, entre autres, de Robert et Julien Sagehomme, ses frères. Or, Nicolas, le jeune marié, paraphe nSagehomme, et son frère Robert signe R lesage !
Pourquoi Robert
Sagehomme a-t-il transformé son nom en Lesage alors
que son frère Nicolas continue d'utiliser son nom d’origine ? C'est plutôt mystérieux. Car pour le coup cela donne l'impression que l'évolution du patronyme ne provient pas de celui qui a rédigé l'acte, mais du porteur du nom lui-même.
Continuons : Le
28 février 1726, Marie Gérard se marie avec Jacques
Huchet. Marie est la fille de Jacques Gérard et de Catherine Sagehomme
(première enfant du couple Nicolas Sagehomme-Marguerite Chevreuil). Sur l’acte
de mariage, Marie Gérard est la fille de défunte Catherine Lesage!
Le
22 octobre 1731, Robert Lesage (troisième enfant de Nicolas et Marguerite Chevreuil), épouse Barbe Cochin. La
signature est conforme, elle valide donc celle de 1712 qui n’était déjà plus
Sagehomme. Mais désormais, voilà que son frère Nicolas signe nlesage.

Le
31 janvier 1735, Marie Lesage, fille de Nicolas et
Marie Broussin, épouse François Jouanne. Sur l’acte, Nicolas, le
père de l’épouse, et Robert son oncle, continuent à parapher nlesage et R
lesage.

C’est ainsi, qu’au début du XVIIIe
siècle, le patronyme Sagehomme a disparu à Lignières-la-Doucelle au profit de
celui de Lesage, sans que l’on puise pour l’instant en fournir l’explication.
Le fait que les
Sagehomme paraphaient ne signifie pas qu’ils savaient
écrire, ils pouvaient juste savoir reproduire leur signature. Mais cela
n’explique pas la transformation du patronyme. Et le fait que les deux frères,
Robert et Nicolas, n’aient pas changé leur façon de signer en même temps
épaissit un peu plus le mystère.
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